Rencontre fédérale des élus de Tizi Ouzou : Discours de Youcef Aouchiche
Tizi Ouzou, le 12/12/2025.
Chers camarades,
Chers élus,
Je voudrais m’adresser, à travers vous, à la population que vous représentez ainsi qu’à l’ensemble de nos compatriotes de la région de Kabylie, citoyens dignes de Tizi_Ouzou et dans toute l’Algérie.
Permettez-moi de vous remercier et de saluer votre mobilisation, en ces temps où la voix des forces patriotiques et démocratiques a plus que jamais besoin d’être entendue et écoutée dans notre pays.
En cette terre fière et millénaire, forteresse du nationalisme et bastion des luttes démocratiques, foyer de résistance et rempart éprouvé contre toute forme de domination, nous réaffirmons avec gravité notre loyauté pleine et entière envers la Nation ainsi que notre détermination à la défendre.
Défendre notre pays, c’est préserver la mémoire collective contre le révisionnisme rampant, protéger la souveraineté nationale contre les pressions et les tentatives d’ingérence étrangères, et se dresser, avec constance et responsabilité, contre toutes les entreprises de division qui menacent l’unité et la cohésion nationales.
En cette terre sacrée, je viens rappeler une vérité transmise à travers des générations, une évidence inébranlable, une réalité qui dépasse les tumultes de la déraison, une parole d’honneur face aux sirènes de la trahison : l’Algérie ne se négocie pas dans son intégrité pleine et entière, dans le moindre centimètre carré arraché de haute lutte et arrosé du sang des martyrs. Elle est une, unie et indivisible, et elle le demeurera toujours. Aucune force ne pourra venir à bout de cette réalité. Ni les Romains, ni les Vandales, ni les Byzantins, ni les Ottomans, et encore moins les Français, n’ont réussi à altérer cette unité.
Chers compatriotes,
Avant même que le concept moderne d’État n’existe, notre terre formait déjà un ensemble identifiable et uni. La Numidie, sous Massinissa puis Jugurtha, avait posé les fondations d’une unité territoriale jalouse et farouche, rassemblant les populations amazighes d’Afrique du Nord, dont l’Algérie est la continuité historique.
Ceux qui se dressent, aujourd’hui, contre cet ordre naturel et historique, qu’ils soient séparatistes ou anti-amazighs primaires, ont choisi de s’isoler du destin national et de s’aligner sur des agendas étrangers hostiles au pays. Tout comme ils ont tourné le dos aux sacrifices de nos martyrs, les Algériens, dans leur écrasante majorité, leur tournent le dos.
Ils ne parlent ni au nom des Algériens, ni au nom des citoyens de Kabylie qu’ils ne représentent pas, ni au nom de notre histoire qu’ils ont reniée, usurpée et falsifiée. Ils ont renié tout ce que nos ancêtres ont scellé par le sang et le sacrifice, ils ont renié les principes sacrés de Novembre et de la Soummam, et ils ont renié les valeurs mêmes de notre société : la fidélité, la loyauté, la fraternité et la dignité.
Ils représentent une secte, sans base populaire ni aucune légitimité. Ils se manifestent à travers une lecture biaisée et tronquée de l’histoire, une victimisation essentialiste permanente, un discours fascisant qui s’attaque, intimide et diffame quiconque ne partage pas sa vision. Ils sont la négation même de l’amazighité, qu’ils ont reniée après l’avoir longtemps instrumentalisée.
Nous refusons et nous combattons depuis longtemps leurs dérives sans limite. Et qu’on ne nous vienne pas nous dire qu’il s’agit d’une opinion parmi tant d’autres. Lorsqu’on s’aligne sur les projets de puissances étrangères visant à fragmenter le pays, à l’affaiblir, à l’encercler et à l’isoler, lorsqu’on choisit la voie du déshonneur plutôt que celle de la lutte démocratique, on sort du champ du débat pour entrer dans celui de la forfaiture.
Le séparatisme ne relève pas de l’opinion, c’est de la haute trahison, ni plus, ni moins.
Ici, entre les montagnes du Djurdjura qui ont entendu les chants de la liberté, les cris des martyrs et les serments de Novembre et de la Soummam, nul mensonge, nulle imposture, nulle trahison ne peut espérer prendre racine.
Chers amis,
Au FFS, notre conviction est connue de tous et par tous : nous ne pouvons parler d’Algérie sans parler de Kabylie, son cœur battant, et nous ne percevons jamais la Kabylie en dehors du destin national algérien. Nous avons fait credo de cette déclaration de feu Mouloud Mammeri : « Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’Algérianité que je travaille. »
C’est cette amazighité, facteur de rassemblement que nous réclamons, que nous voulons développer ; une amazighité qui tire sa substance de Massinissa et Jugurtha et non pas de Bocchus.
En effet, la diversité et la pluralité qui fondent notre identité ALGÉRIENNE sont un facteur d’unité et une source de progrès et non pas un élément de division et de déclin, comme certains charlatans et extrémistes tentent vainement de les présenter. Cette richesse doit s’exprimer dans le cadre d’une authentique personnalité ALGÉRIENNE, qui ne soit ni le prolongement malheureux des projets orientalistes, soumis à l’impérialisme et au sionisme international, ni l’otage des schémas occidentalistes fantasmés et hégémoniques.
Notre identité et notre personnalité ALGÉRIENNES doivent absolument valoriser toutes les composantes culturelles, sociétales et civilisationnelles de notre Nation, dont les référents structurants sont l’Islam, l’Amazighité, l’Arabité et la Modernité.
La personnalité ALGÉRIENNE, si articulée sur la pluralité, la liberté et la démocratie, ouvrira la voie à l’éclosion d’une Algérie de la modernité et du progrès et structurera l’opinion nationale et l’action collective que nous devons mener pour la préservation de nos souverainetés, toutes nos souverainetés, et la consolidation de notre État-National en renouant les liens avec notre histoire, toute notre histoire, et les valeurs de Novembre 1954. Ce qui est à même de protéger notre pays des dangers qui le guettent.
Chers compatriotes,
Notre pays se trouve à un tournant décisif. Jamais dans son histoire la plus récente, l’Algérie n’a été exposée à une telle convergence de menaces existentielles : tensions régionales explosives ; recompositions géopolitiques agressives aux frontières de notre espace stratégique ; tentatives d’ingérence de plus en plus assumées par des puissances étrangères ; fragilités internes aggravées par la fermeture politique par un pouvoir s’entêtant dans ses fuites en avant ; pressions sociales croissantes alimentées par l’érosion du pouvoir d’achat.
Dans ce contexte miné, notre responsabilité historique, en tant que première force politique de l’opposition patriotique et démocratique, exige qu’on réagisse avec lucidité et sens de l’État. Nous devons continuer à défendre nos principes fondateurs avec acharnement et à porter nos revendications démocratiques haut et fort, tout en veillant à préserver la stabilité et l’unité de notre nation comme nous l’avons toujours fait.
Aujourd’hui encore, nous réaffirmons une conviction simple et ferme : l’Algérie ne surmontera les défis qui l’assaillent que dans la confiance retrouvée de son peuple et dans une authentique concorde nationale autour de l’intérêt suprême du pays et l’exercice plein et entier de la souveraineté populaire.
Sans celle-ci, la scène publique nationale s’est transformée en un théâtre où prolifèrent les discours émotionnels et les manipulations populistes, favorisant un vide politique sidéral et des extrémismes décomplexés.
Le pays semble perdre sa boussole, de plus en plus, avec des clivages injustifiés et antinationaux qui se multiplient et s’accélèrent, tirant toute la société vers le bas, là où le pire est à craindre. Les espaces et les acteurs générateurs de conscience ont été marginalisés, les compétences reléguées, les forces crédibles confinées.
La vie politique, culturelle et sociale du pays s’éteint à petit feu. Elle s’est réduite à des initiatives qui résistent comme elles peuvent, dans un climat qui entretient la médiocrité et étouffe la créativité. C’est là l’un des symptômes les plus graves de la crise nationale.
Cette situation, entre autres, contribue à la vulnérabilité de notre pays face à ses ennemis, qui ne font même plus semblant et n’hésitent plus à financer et à piloter des complots contre l’intégrité territoriale de notre pays et la cohésion sociale de notre société.
Ces attaques doivent non seulement nous alerter comme parti politique d’opposition, au même titre que toutes les organisations et forces vives de la nation, mais elles placent le pouvoir face à ses responsabilités : changer de paradigme, cesser d’infantiliser les Algériennes et les Algériens, rompre définitivement avec les logiques paternalistes, et reconnaître aux citoyens leur droit légitime à s’exprimer, à s’organiser et à participer, directement ou par l’intermédiaire de leurs représentants, à la gestion de la chose publique.
Il faut le dire et le répéter avec force : les extrémistes et leurs parrains étrangers se nourrissent de nos fragilités internes et de l’incapacité du pouvoir à ouvrir de véritables horizons pour la nation. Il est donc temps de rompre avec ses approches dépassées et sa vieille élite sclérosée, complètement hors-sol et incapable ne serait-ce que de comprendre les espoirs de la jeunesse algérienne, pourtant largement majoritaire dans notre pays.
Les solutions ne peuvent être que politiques par l’ouverture, la concertation et un dialogue national sincère avec l’ensemble des forces du pays, notamment l’opposition patriotique. Nous devons engager la construction d’un nouvel ordre politique, inclusif et moderne, qui réponde aux aspirations profondes de notre peuple à la liberté, à la dignité et à la démocratie.
L’approche qui domine actuellement la gestion des affaires de l’État est contre-productive, se résumant à gouverner par le tout-sécuritaire, le verrouillage politique l’improvisation économique et l’achat de la paix sociale.
Cette stratégie est tout aussi inefficace que dangereuse. Il faut donc faire l’inverse : restituer l’État à la Nation, impliquer réellement le peuple au cœur du pouvoir décisionnel et libérer le pays des fourches caudines des forces compradores, antisociales et antinationales. Telle fut la grande volonté du Hirak populaire du 22 février 2019, tel est l’engagement que porte notre parti depuis plus de soixante ans.
Honorable assistance,
Les défis que nous devons affronter, dans les quelques mois et années à venir, appellent une fermeté sans ambiguïté et une rigueur absolue à tous les niveaux de responsabilités, chacun selon son rôle dans la société.
Dans ce sens, il est vital et urgent de réhabiliter le politique et de permettre l’émergence d’une classe dirigeante crédible, en mesure d’assumer pleinement ses responsabilités envers le pays et face à l’histoire.
Remettre encore le destin de la nation entre les mains d’appareils vidés de substance politique ou de représentations factices, c’est faire le pari hautement risqué de livrer nos concitoyens aux mirages que procurent les discours extrémistes, tous les bords confondus.
Le salut de notre pays a vivement besoin que soient libérées la parole et l’initiative. L’une des missions essentielles qu’assume un État de droit, qui nous fait défaut, c’est de permettre et d’encourager la société à s’organiser, faisant de chacun de ses membres un acteur de la vie publique et un élément clé dans la constitution des garde-fous qui veillent quotidiennement sur l’intérêt général dans tous les domaines.
C’est le moment ou jamais de lever l’étau imposé aux champs politiques, syndicaux, associatifs et médiatiques. Cette démarche de bon sens est capable de restaurer la confiance et l’espoir, d’isoler les extrémistes et de réduire les risques d’ingérence encouragés par l’autoritarisme.
La balle est clairement dans le camp du pouvoir. Mais, j’en suis sûr, les oppositions patriotiques et crédibles sont prêtes à faire leur part du boulot ! Et pour cause, le lien national exige aujourd’hui une affirmation vigoureuse.
C’est en renforçant la citoyenneté, en élargissant les espaces démocratiques, en réhabilitant la parole politique et en ouvrant la voie d’une participation effective que nous priverons les idéologies déviantes et agitatrices de leur terreau fertile.
En revanche, lorsqu’on bride la critique objective et constructive, lorsqu’on empêche l’organisation autonome de la société, on ouvre grand la porte à la propagande antinationale, révisionniste et obscurantiste.
Les problèmes que connaît notre pays ne sont ni une fatalité, ni irréversibles. Ils sont le résultat de choix que l’on peut corriger, d’un chemin que l’on peut réorienter, dès lors qu’existe une volonté sincère de bâtir un État de droit, démocratique et social.
Au FFS nous y croyons toujours.
Nous relançons, pour la énième fois, notre invitation à repenser collectivement notre avenir car l’enjeu est immense. Il touche à l’unité de notre peuple, à la continuité de notre État national et à la survie de notre Nation. Soyons, toutes et tous, à la hauteur de cet objectif.
Merci pour votre attention,
Gloire à nos martyrs,
Vive l’Algérie unie, souveraine et démocratique,
Youcef Aouchiche,
Premier Secrétaire national du FFS.
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خطاب الأمين الوطني الأول بمناسبة افتتاح اللقاء الفيدرالي لمنتخبي ولاية تيزي وزو
تيزي وزو، 12/12/2025
الرفيقات والرفاق،
السيدات والسادة المنتخبون،
أودّ، من خلالكم، أن أتوجّه اليوم إلى كل المواطنات والمواطنين الذين تمثلونهم، و إلى مجمل أبناء وبنات منطقة القبائل، و مواطني ولاية تيزي وزو الشرفاء، وإلى كل الجزائريات والجزائريين عبر ربوع الوطن.
اسمحوا لي أن أتقدّم إليكم بالشكر، وأن أحيّي عالياً روح التعبئة والمسؤولية التي تتحلّون بها، في ظرف تحتاج فيه البلاد، أكثر من أي وقت مضى، إلى أن تُسمَع وتُصغى فيه أصوات القوى الوطنية والديمقراطية.
في هذه الأرض الأبية والعريقة، حصن الوطنية ومعقل النضالات الديمقراطية، مهد المقاومة وسدّها المنيع في وجه كل أشكال الهيمنة، نُجدّد، بكل وقار ومسؤولية، ولاءنا الكامل للأمة، وعزمنا الثابت على الدفاع عنها.
إن الدفاع عن الوطن هو صونٌ للذاكرة الجماعية في وجه النزعات التحريفية الزاحفة، وحمايةٌ للسيادة الوطنية من الضغوط ومحاولات التدخل الأجنبية، ووقوفٌ ثابت ومسؤول في وجه كل مشاريع التفتيت التي تهدد وحدة البلاد وتماسكها الوطني.
في هذه الأرض المقدسة، أُجدّد التذكير بحقيقة توارثتها الأجيال، و ببداهة لا تقبل الجدل، وبواقع يتجاوز صخب العبث، وبكلمة شرف في مواجهة أبواق الخيانة: إن الجزائر لا تُجزَّأ، ولا تُفاوض على وحدة ترابها، ولا على شبر واحد من أرضها التي انتُزعت بالكفاح وسُقيت بدماء الشهداء. الجزائر واحدة، موحّدة، غير قابلة للتقسيم، وستبقى كذلك أبداً. لم تستطع أي قوة عبر التاريخ النيل من هذه الحقيقة؛ لا الرومان، ولا الوندال، ولا البيزنطيون، ولا العثمانيون، ولن يكون الاستعمار الفرنسي استثناءً.
أيّتها المواطنات، أيها المواطنون،
قبل أن يظهر مفهوم الدولة الحديثة، كانت أرضنا تشكّل كياناً موحّداً ومحدداً. فقد أرست نوميديا، في عهد ماسينيسا ثم يوغرطة، أسس وحدة ترابية صلبة وعنيدة، جمعت الشعوب الأمازيغية لشمال إفريقيا، وكانت الجزائر امتدادها التاريخي الطبيعي.
إن الذين يقفون اليوم ضد هذا المسار الطبيعي والتاريخي، سواء كانوا انفصاليين أو أولئك المعادين للهوية الأمازيغية ، قد اختاروا العزلة عن المصير الوطني، والاصطفاف وراء أجندات أجنبية معادية للوطن. وكما تنكّروا هم لتضحيات شهدائنا، فإن الجزائريين، في غالبيتهم الساحقة، قد تنكّروا لهم.
إنهم لا يتحدثون باسم الجزائريين، ولا باسم مواطني منطقة القبائل الذين لا يمثلونهم، ولا باسم تاريخنا الذي شوّهوه وزوّروه وانتحلوه. لقد تخلّوا عن كل ما خطّه أسلافنا بالدم والتضحية، وتنكروا لمبادئ نوفمبر ومؤتمر الصومام، وخانوا القيم الأصيلة لمجتمعنا: الوفاء، الإخلاص، الأخوّة، والكرامة.
إنهم فئة معزولة، بلا قاعدة شعبية ولا شرعية. يظهرون من خلال قراءة مشوّهة ومجتزأة للتاريخ، ومن خلال خطاب يقوم على اعتمار لباس الضحية بشكل دائم، وعلى نزعة إقصائية فاشية تهاجم وتخوّن وتشهّر بكل من يخالفها. وهم، في جوهرهم، متنكرون للأمازيغية في حد ذاتها، بعد أن استغلوها طويلاً.
لقد واجهنا، منذ زمن، انحرافاتهم بلا هوادة. ولا ينبغي أن يُقال لنا إن الأمر لا يعدو إلا أن يكون رأياً من بين آراء. فعندما يتم الاصطفاف مع مخططات قوى أجنبية تستهدف تفكيك الوطن وإضعافه ومحاصرته وعزله، وعندما يُختار طريق العار بدل النضال الديمقراطي، فهنا نغادر ساحة الرأي لندخل حيز الخيانة.
فالانفصال ليس رأياً، بل خيانة عظمى، لا أكثر ولا أقل.
وهنا، بين جبال جرجرة التي صدحت بأناشيد الحرية، وسمعت صرخات الشهداء ومواثيق نوفمبر والصومام، لا مكان للكذب، ولا للاحتيال، ولا للخيانة.
الرفيقات والرفاق،
في جبهة القوى الاشتراكية، موقفنا واضح ومعروف: لا يمكن الحديث عن الجزائر دون الحديث عن القبائل، قلبها النابض، ولا يمكن تصور القبائل خارج المصير الوطني الجزائري. وقد جعلنا من مقولة الراحل مولود معمري عقيدة سياسية: «عندما أعمل من أجل الأمازيغية، فإنما أعمل من أجل الشخصية الجزائرية».
إنها أمازيغية جامعة، تلك التي ننادي بها ونسعى إلى تطويرها؛ أمازيغية مستلهمة من روح ماسينيسا ويوغرطة، و ليس من خيانة بوخوس.
إن التعدد والتنوع اللذين يشكّلان هويتنا الجزائرية هما مصدر وحدة وتقدّم، لا سبب انقسام وانحطاط، كما يحاول بعض الدجّالين والمتطرفين الترويج له. وهذه الثروة لا بد أن تتجلّى في إطار شخصية جزائرية أصيلة، لا هي امتداد لمشاريع مشرقية خاضعة للإمبريالية والصهيونية العالمية، ولا رهينة لمخططات غربية متغطرسة و مُهيمنة.
إن هويتنا وشخصيتنا الجزائريتين يجب أن تُثمّنا كل مكونات أمتنا الثقافية والاجتماعية والحضارية، والتي ترتكز على الإسلام، والأمازيغية، والعروبة، والحداثة.
إن الشخصية الجزائرية، حين تُبنى على التعدد، والحرية، والديمقراطية، تفتح الطريق أمام جزائر الحداثة والتقدّم، وتؤسّس لوعي وطني وفعل جماعي يحمي سياداتنا كافة، ويعزّز دولتنا الوطنية بالعودة إلى تاريخنا كلّه، وإلى قيم نوفمبر 1954، هو السبيل الأنجع لتحصين الوطن من الأخطار المحدقة به.
أيّتها المواطنات، أيها المواطنون،
تمر بلادنا بمنعطف حاسم. ولم يسبق في تاريخها الحديث أن واجهت الجزائر هذا التلاقي الخطير للتهديدات الوجودية: توترات إقليمية على حافة للانفجار؛ إعادة تشكيلات جيوسياسية عدائية على حدود مجالنا الاستراتيجي؛ محاولات تدخل أجنبي متزايدة الوقاحة؛ هشاشة داخلية فاقمها الانغلاق السياسي و توجه سلطوي يقوم على الهروب إلى الأمام؛ مع ضغوط اجتماعية متصاعدة نتيجة تآكل القدرة الشرائية.
في هذا السياق المأزوم، تفرض علينا مسؤوليتنا التاريخية، بصفتنا القوة المعارضة الوطنية و الديمقراطية الأولى ، أن نتحرك بوعي عالٍ و بحسّ الدولة. علينا أن نواصل الدفاع عن مبادئنا بلا تراجع، وأن نرفع مطالبنا الديمقراطية بقوة، مع الحرص الدائم على الحفاظ على استقرار الوطن ووحدته، كما فعلنا دوماً.
واليوم، نُجدّد قناعة راسخة: لن تتجاوز الجزائر أزماتها إلا باستعادة ثقة شعبها، وبإرساء وفاق وطني حقيقي يقوم على المصلحة العليا للبلاد، وعلى الممارسة الكاملة للسيادة الشعبية.
من دون ذلك، سيتحوّل الفضاء العمومي إلى مسرح للخطابات العاطفية والتلاعب الشعبوي، مخلّفاً فراغاً سياسياً قاتلاً، وتطرّفاً منفلتاً.
إن البلاد تفقد بوصلتها شيئاً فشيئاً، مع تصاعد انقسامات غير مبررة و غير وطنية، تسحب المجتمع نحو الأسوأ. لقد جرى تهميش الفضاءات والفاعلين المنتجين للوعي، وإقصاء الكفاءات، وحصر القوى ذات المصداقية.
الحياة السياسية والثقافية والاجتماعية تخبو تدريجياً، وتكاد تُختزل في مبادرات معزولة تقاوم بصعوبة، في مناخ يغذّي الرداءة ويخنق الإبداع، وهو من أخطر مظاهر الأزمة الوطنية.
هذه الأوضاع، وغيرها، تزيد من هشاشة البلاد أمام أعدائها، الذين لم يعودوا يترددون في تمويل و تخطيط مؤامرات تستهدف وحدة التراب الوطني وتماسك المجتمع.
إن هذه الهجمات لا تُنذرنا كمعارضة فقط، بل تضع السلطة أمام مسؤولياتها التاريخية: تغيير المقاربة، الكفّ عن استصغار الشعب، القطع مع الوصاية الأبوية، والاعتراف بحق المواطنين في التعبير والتنظيم والمشاركة في تسيير الشأن العام.
لا بد من قولها بوضوح: المتطرفون ومن يقف وراءهم في الخارج يتغذّون من هشاشتنا الداخلية، ومن عجز السلطة عن فتح آفاق حقيقية للأمة. لقد آن الأوان للقطيعة مع مقاربات تجاوزها الزمن ونخب متكلسة، منفصلة عن الواقع، عاجزة حتى عن فهم تطلعات شباب يشكّل أغلبية المجتمع.
إن الحلول سياسية بالأساس، عبر الانفتاح، والتشاور، وحوار وطني صادق مع كل قوى البلاد، وفي مقدمتها المعارضة الوطنية. نحن بحاجة إلى نظام سياسي جديد، جامع وحديث، يلبّي تطلعات الشعب إلى الحرية والكرامة والديمقراطية.
إن تسيير الدولة اليوم يقوم على منطق أمني صرف، وانغلاق سياسي، وارتجال اقتصادي، وشراء للسلم الاجتماعي، وهي مقاربة فاشلة وخطيرة في آن واحد.
البديل واضح: إعادة الدولة إلى الأمة، إشراك الشعب فعلياً في القرار، وتحرير البلاد من هيمنة القوى الغير خلاقة المعادية للمجتمع والوطن. هذا كان جوهر الحراك الشعبي في 22 فيفري 2019، وهو التزام حزبنا منذ أكثر من ستة عقود.
أيها الحضور الكريم،
إن التحديات القادمة تستدعي حزماً لا لبس فيه، وانضباطاً صارماً في تحمّل المسؤوليات، كلٌّ من موقعه.
ومن هنا تبرز ضرورة إعادة الاعتبار للفعل السياسي، وفسح المجال أمام نخبة قيادية ذات مصداقية، قادرة على تحمّل مسؤوليتها أمام الوطن والتاريخ.
إن تسليم مصير الأمة مجدداً لأجهزة خاوية من السياسة، أو لواجهات شكلية، هو مجازفة خطيرة تدفع بالمجتمع نحو أوهام الخطابات المتطرفة.
إن خلاص الوطن يمرّ عبر تحرير الكلمة والمبادرة. فدولة القانون تمكن المجتمع من التنظيم والمشاركة، ليصبح كل مواطن فاعلاً وحارساً للمصلحة العامة.
لقد حان الوقت لرفع القيود عن المجالات السياسية والنقابية والجمعوية والإعلامية. فهذا المسار وحده يعيد الثقة والأمل، ويعزل المتطرفين، ويقلّص مخاطر التدخل الخارجي.
الكرة اليوم في ملعب السلطة، لكن القوى الوطنية الصادقة مستعدة بدورها لتحمّل مسؤوليتها . فالرابط الوطني يتطلب اليوم موقفاً واضحاً وحازماً.
فبتعزيز المواطنة، وتوسيع الفضاءات الديمقراطية، وإعادة الاعتبار للكلمة السياسية، وفتح باب المشاركة الحقيقية، نُجفّف منابع الفكر المنحرف.
أما قمع النقد البنّاء، ومنع التنظيم المجتمعي، فلا يؤدي إلا إلى فتح الأبواب أمام الدعاية المعادية للوطن.
إن أزمات الجزائر ليست قدراً محتوماً، بل نتيجة خيارات يمكن تصحيحها، متى توفرت إرادة صادقة لبناء دولة قانون، ديمقراطية واجتماعية.
وفي جبهة القوى الاشتراكية، ما زلنا نؤمن بذلك. ونجدد دعوتنا، مرة أخرى، للتفكير الجماعي في مستقبلنا، لأن الرهان مصيري، ويتعلق بوحدة الشعب، واستمرارية الدولة الوطنية، وبقاء الأمة. فلنكن جميعاً في مستوى هذا التحدي.
شكراً لحسن إصغائكم،
المجد والخلود لشهدائنا الأبرار،
تحيا الجزائر موحدة، سيدة وديمقراطية،
يوسف أوشيش
الأمين الوطني الأول لجبهة القوى الاشتراكية

