FFS : Commémoration de Tafsut Imazighen Printemps berbère
Tafsut Imazighen, comme le disait Hocine Aït Ahmed, est avant tout une séquence de vitalité nationale et un printemps qui a porté les espoirs démocratiques de notre peuple.
Le Printemps berbère de 1980, au même titre que le Printemps noir de 2001, nous rappelle que le combat culturel et identitaire pour Tamazight, dans toutes ses dimensions, ne saurait être dissocié de son cadre naturel : celui d’un projet national, démocratique et rassembleur. Le détourner de cette perspective, ou tenter de l’instrumentaliser, voire pire, de le diaboliser, c’est nourrir les extrémismes de tous bords et ouvrir la voie à la haine et aux replis qui engendrent, inévitablement, des identités meurtrières.
Au FFS, nous faisons le choix clair de l’unité nationale dans la diversité, la complémentarité et le vivre-ensemble. La richesse linguistique et culturelle de notre société constitue un atout majeur, un levier de cohésion et de progrès, et non un facteur de division ou de déclin, comme tentent de le faire croire les ennemis de la nation.
Cette pluralité, pour laquelle se sont sacrifiées plusieurs générations de militants, doit servir de creuset où se construit et se renforce notre ALGÉRIANITÉ : une personnalité authentique, héritière d’une civilisation millénaire, fondée sur l’islam, l’amazighité, l’arabité et l’universalité.
Nos actions, nos positions et nos propositions concernant cette question s’inscrivent dans une vision politique nationale et démocratique, sincère, constante et responsable, au service de l’intérêt national, tel que défini par les leaders du mouvement national, puis porté par la Proclamation du 1er novembre 1954 et le Congrès de la Soummam du 20 août 1956.
Certes, le FFS n’a jamais fait de Tamazight un fonds de commerce, un registre électoral ou un moyen de chantage politicien, mais il a été la première force politique à se battre pour sa reconnaissance pleine et entière. Il a toujours inscrit cette cause dans le cadre du combat démocratique. Le statut de Tamazight comme langue nationale et officielle constitue un acquis arraché de haute lutte, auquel ont contribué les militants du FFS et d’autres forces vives de la nation.
Aujourd’hui, ce combat se poursuit autrement, sous d’autres formes : il faut désormais ancrer Tamazight concrètement dans tous les segments de la vie publique nationale et la promouvoir dans les quatre coins du pays. Il s’agit d’en faire une réalité culturelle, sociale et économique, vécue quotidiennement par toutes les Algériennes et tous les Algériens.
À ce titre, nous réitérons nos revendications fondamentales dans ce dossier :
- La généralisation effective de l’enseignement de la langue amazighe sur l’ensemble du territoire national, ainsi que dans les écoles algériennes destinées à la communauté nationale établie à l’étranger ;
- L’élaboration d’une loi organique à la hauteur des attentes pour garantir la mise en œuvre de son statut de langue nationale et officielle ;
- L’installation opérationnelle de l’Académie de la langue amazighe, dotée des moyens financiers et humains nécessaires afin qu’elle accomplisse convenablement sa mission historique ;
- La création d’un grand centre national de traduction entre les deux langues nationales, l’arabe et tamazight. Ce qui facilitera leur socialisation, apprentissage et intégration académique.
Youcef Aouchiche
Premier Secrétaire national
