عيد العمال بيان | الأفافاس يدافع عن حقوق العمال والحريات النقابية
أيتها الجزائريات، أيها الجزائريون،
أيتها العاملات، أيها العمال،
في هذا اليوم الموافق للأول ماي، اليوم العالمي للنضال والتضامن وكرامة العمال، تتقدم جبهة القوى الاشتراكية بتحية إجلال وتقدير إلى كافة العاملات والعمال الجزائريين، إلى كل من يساهمون بجهودهم اليومية في بناء الوطن، وإنتاج ثرواته، وحمل آمال العدالة الاجتماعية والتقدم، غالبًا في صمتٍ ومعاناة.
يعبر الأفافاس عن امتنانه لكافة العاملين في القطاعين العام والخاص، وللمتقاعدين، والعاطلين عن العمل، والشباب حاملي الشهادات الباحثين عن مستقبل كريم، ولربات البيوت اللواتي يُهمَّش دورهن، رغم ما يقمن به من عملٍ عظيم في الخفاء.
إن واقع عالم الشغل في الجزائر، في هذا اليوم، يفرض علينا قول الحقيقة بعيدًا عن المجاملات. رغم الزيادات الاجتماعية المعتبرة المسجلة خلال السنوات الأخيرة، والتي تسير في الاتجاه الصحيح، لا يزال العامل الجزائري يعيش ظروفًا اجتماعية متدهورة، تتجلى في تآكل القدرة الشرائية، وهشاشة ظروف العمل، وضعف آليات الحماية الاجتماعية.
هذا الوضع ليس وليد الصدفة، بل هو نتيجة سياسات قصيرة النظر، بدل اعتماد رؤية تشاركية لبناء نموذج اقتصادي واجتماعي جديد، يقوم على تعزيز الاكتفاء الذاتي وترسيخ الاستقلال الاقتصادي، بما يضمن رفاه الشعب وصون كرامة العمال والحفاظ على السيادة الوطنية. لأن هناك اليوم حقيقة لا ينبغي تجاهلها، وهي أن الاستقلالية الاقتصادية تُعدّ من بين أهم أسس السيادة الوطنية.
وفي انتظار ذلك، تجدد جبهة القوى الاشتراكية تمسكها والدفاع عن التزاماتها بـ :
* رفع الحد الأدنى للأجور إلى 40 ألف دينار؛
* زيادة قيمة النقطة الاستدلالية؛
* إجراء مراجعة جديدة لسُلَّم الضريبة على الدخل (IRG)؛
* تعزيز الحماية الاجتماعية وضمان الولوج العادل إلى الحقوق الأساسية (الصحة، المنح العائلية، التقاعد)؛
* مراجعة تصنيف المهن الخطرة؛
* إنصاف وإدماج العمال المفصولين تعسفيًا، على غرار عمال سونلغاز؛
* إدماج وترسيم حاملي الشهادات العليا (الماجستير والدكتوراه) في مناصب تليق بهم؛
* الدفاع عن الحريات النقابية عبر إصلاح قانون النقابات وحماية الحق في الإضراب.
كما تعودنا على القول بأن الوطنية لا تنفصل عن الديمقراطية، فالديمقراطية لا تستقيم دون عدالة اجتماعية، وهذه الأخيرة لا يمكن أن تتحقق دون حريات نقابية. فلا عدالة اجتماعية دون حرية العمل النقابي، ولا ديمقراطية دون مجتمع مدني وسياسي حر ومنظم.
غير أن القوانين المنظمة للنقابات والجمعيات والحق في الإضراب، بدل أن تكرّس هذه الحريات، تسعى إلى تقييدها، في توجه يتناقض مع مبادئ دولة القانون، ويعكس إرادة للتحكم في المجتمع وإضعاف استقلالية المواطنين. وهكذا تجد الجزائر نفسها في وضعٍ متناقض، حيث يتم تقييد مساهمة المجتمع المدني في الحياة السياسية، رغم أن هذه المشاركة هي جوهر الفعل الديمقراطي.
يؤكد الأفافاس بوضوح: لا يمكن بناء دولة قوية عبر إضعاف قواها الحية، خاصة المنظمات الوسيطة، بل إن كل المكاسب الاجتماعية والديمقراطية في التاريخ جاءت نتيجة النضال الجماعي والتنظيم الواعي للعمال والمواطنين.
وعليه، تدعو جبهة القوى الاشتراكية كافة الجزائريين إلى عدم الاستسلام. يجب الانخراط في النقابات والجمعيات، وتعزيز منظمات المجتمع المدني، ورفض إفراغها من دورها. فالتخلي عن هذه الفضاءات هو تخلي عن أدوات أساسية للدفاع عن الحقوق.
كما تندد بالانتهاكات المتكررة للحريات النقابية، وبالملاحقات القضائية التي تستهدف النقابيين، والتي تصل أحيانًا إلى حد السجن، وترفض التضييق على النقابات ومحاولات تغيير توجهاتها بالقوة.
إن هذه الممارسات تعكس نمط حكم قائم على الانغلاق والتضييق، في وقت يُفترض فيه أن تكون النقابات والجمعيات دعائم أساسية للتوازن الديمقراطي والتماسك الاجتماعي.
ورغم كل التحديات، يبقى الواجب هو مواصلة النضال، فالتغيير لا يتحقق إلا بالالتزام الواعي والمستمر.
في هذا اليوم، تجدد جبهة القوى الاشتراكية تمسكها بالدفاع عن كرامة العمال، والعدالة الاجتماعية، والحريات الديمقراطية، وبناء دولة قانون حقيقية.
وستظل إلى جانب العمال وكل القوى الحية في المجتمع، من أجل جزائر يسودها العدل والحرية والكرامة.
المجد والخلود لشهدائنا الأبرار،
المجد للعمال،
تحيا الجزائر الديمقراطية الاجتماعية.
يوسف أوشيش
الأمين الوطني الأول
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Fête des travailleurs | Le FFS défend les droits des travailleurs et les libertés syndicales
Chères Algériennes, chers Algériens,
Chères travailleuses, chers travailleurs,
En ce 1er mai, journée internationale de lutte, de solidarité et de dignité des travailleurs, le Front des forces socialistes (FFS) rend hommage à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs algériens, à celles et ceux qui, par leur labeur quotidien, font vivre notre pays, produisent ses richesses et portent, souvent dans la discrétion et dans la douleur, les espoirs de justice sociale et de progrès.
Le FFS exprime sa reconnaissance à tous les personnels des secteurs public et privé, ainsi qu’aux retraités, aux chômeurs, aux jeunes diplômés, en quête d’un avenir digne, et aux femmes au foyer, trop souvent invisibilisées malgré l’énorme travail qu’elles accomplissent quotidiennement dans l’ombre.
Aujourd’hui en #Algérie, au-delà d’un simple hommage pour marquer cette journée, la réalité du monde du travail et l’état des libertés syndicales nous imposent un devoir de vérité. Malgré d’importantes revalorisations sociales enregistrées ces dernières années, qui vont dans le bon sens, le travailleur algérien demeure confronté à des conditions sociales de plus en plus difficiles : érosion continue du pouvoir d’achat, précarité des conditions de travail et insuffisance des mécanismes de protection sociale.
Tout cela n’est pas le fruit d’un quelconque hasard ou d’un concours de circonstances malheureux, mais le produit d’une gestion à courte vue, en lieu et place d’une démarche visant l’élaboration consensuelle d’un nouveau modèle économique et social, associant l’ensemble des forces vives de la nation. Ce modèle doit reposer sur le renforcement de l’autosuffisance nationale et la consolidation de notre indépendance économique, afin de garantir non seulement le bien-être social du peuple algérien et la dignité des travailleurs, mais aussi la préservation de la souveraineté nationale car il y a une réalité qu’il ne faut pas occulter dans le mondes d’aujourd’hui : l’indépendance économique est l’un des piliers essentiels de la souveraineté nationale.
En attendant, le FFS réaffirme sa détermination à défendre ses engagements sociaux, notamment :
- Porter le salaire national minimum garanti à 40 000 dinars ;
- Augmenter la valeur du point indiciaire ;
- Procéder à une nouvelle révision du barème de l’impôt sur le revenu global (IRG) ;
- Renforcer la protection sociale et garantir un accès équitable aux droits fondamentaux (santé, allocations familiales, retraite) ;
- Réviser la nomenclature des métiers à risque ;
- Réhabiliter et réintégrer les travailleurs licenciés abusivement, à l’instar des travailleurs de Sonelgaz ;
- Intégrer et titulariser les détenteurs de diplômes de magister et de doctorat dans des postes correspondant à leurs qualifications ;
- Défendre les libertés syndicales, à travers notamment la réforme de la loi sur les syndicats et la protection du droit de grève.
Si nous rappelons souvent que le patriotisme est inséparable de la démocratie, nous affirmons tout autant que la démocratie est indissociable de la justice sociale. Or, la justice sociale ne saurait exister sans libertés syndicales. Il n’y a pas de justice sociale sans libertés syndicales. Et il n’y a pas de démocratie sans une société civile libre, autonome et organisée.
Malheureusement, la loi encadrant les syndicats et celle encadrant les associations, au lieu de consacrer ces libertés, tendent à les restreindre et à les vider de leur substance. Elles traduisent une volonté pernicieuse de contrôle de la société et de limitation de l’action d’organisation autonome des citoyens, en contradiction avec les principes mêmes d’un État de droit.
L’Algérie se retrouve ainsi dans une situation paradoxale : elle est l’un des rares pays au monde où l’on empêche la société civile de contribuer pleinement à la vie politique, alors même que cette participation constitue l’essence noble de l’action politique et démocratique.
Le FFS le dit sans détour : c’est une orientation irresponsable ! On ne construit pas une nation forte et immunisée en affaiblissant ses forces vives. Bien au contraire, l’histoire nous enseigne que toutes les conquêtes sociales et démocratiques ont été arrachées par l’engagement collectif, par l’organisation et par la mobilisation consciente des travailleurs et des citoyens.
C’est pourquoi le FFS réitère son appel solennel aux Algériennes et aux Algériens à résister face aux tentations d’abandon et de démission. Il faut adhérer aux associations et aux syndicats, renforcer les organisations autonomes de la société civile et, surtout, refuser leur affaiblissement ou leur dépolitisation. Abandonner ces espaces, c’est abandonner des leviers essentiels de défense des droits et de construction démocratique.
Dans ce contexte, le FFS dénonce une nouvelle fois, avec la même fermeté, les atteintes répétées aux libertés syndicales et les injustices dont sont victimes plusieurs acteurs de la société civile. Il est inacceptable de poursuivre des syndicalistes en justice pour des faits fallacieux, et plus encore de les emprisonner. Il est inacceptable qu’un syndicat, à l’image du CNAPESTE, soit harcelé judiciairement pour en changer l’orientation, sous peine de dissolution.
Ces actes ne sont pas isolés. Ce sont des choix qui confirment une logique de gouvernance fondée sur la fermeture, la répression et la marginalisation des corps intermédiaires ; à rebours de ce que le FFS appelle de ses vœux car les syndicats, les associations et l’ensemble des organisations autonomes sont des piliers de l’équilibre démocratique et de la cohésion sociale. Les affaiblir, c’est fragiliser l’État et exposer la société à toutes les dérives.
Malgré les difficultés et les injustices, notre devoir est de ne jamais céder à la résignation. Le changement se construit par l’engagement lucide, constant et collectif. En ce 1er mai, le FFS réaffirme son combat pour la dignité des travailleurs, la justice sociale, les libertés démocratiques et l’avènement d’un véritable État de droit.
Aux côtés des travailleurs et de toutes les forces vives de la nation, nous resterons mobilisés pour défendre leurs droits et porter leurs aspirations parce que l’Algérie que nous voulons depuis toujours est une Algérie de dignité, de justice et de liberté.
Gloire à nos martyrs,
Gloire à nos travailleurs,
Vive l’Algérie démocratique et sociale.
Youcef Aouchiche
Premier Secrétaire national
