Communiqué du FFS – Législatives 2026
Alger, le 29 mai 2026.
Le Front des forces socialistes (FFS) exprime sa profonde indignation face à la véritable opération de purge politique qui a ciblé ses candidats aux élections législatives du 2 juillet 2026, dans la quasi-totalité des circonscriptions du pays et de l’étranger.
Après avoir multiplié les obstacles administratifs et les entraves bureaucratiques durant la phase de collecte des parrainages, que les militants du FFS ont menée dignement au prix d’un grand effort exclusivement militant, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et les autres autorités chargées de la gestion du scrutin ont engagé une nouvelle étape dans cette entreprise de verrouillage politique : l’élimination arbitraire de candidatures et le rejet abusif de plusieurs listes du FFS.
Ces décisions ont été fondées sur une application discrétionnaire, excessive et politiquement orientée des articles 1 et 200 de la loi électorale, que le FFS a d’ailleurs dénoncé avant et après leur adoption, transformés en instrument de filtrage autoritaire au service d’une logique d’exclusion politique.
Le FFS dénonce des décisions anticonstitutionnelles, infondées et injustifiables, prises sur la base de motifs fallacieux, d’interprétations abusives de la loi et de considérations étrangères à l’esprit même du droit et du pluralisme politique.
Les militantes et les militants du FFS visés par ces rejets sont des femmes et des hommes intègres, engagés, connus pour leur probité ainsi que pour leur attachement profond aux valeurs démocratiques et patriotiques. Ils n’ont aucun lien avec les motifs invoqués pour tenter de justifier leur exclusion. Leur seul tort est leur engagement politique libre et leur volonté de porter une alternative démocratique crédible.
Ce qui se déroule, depuis plus d’une semaine, constitue une grave dérive autoritaire, à la fois sur le plan politique et institutionnel. À travers cette démarche d’ingérence scandaleuse dans le choix des candidats par les partis, selon une logique purement sécuritaire et administrative, le pouvoir cherche manifestement à liquider le peu de politique qui subsiste encore dans la société algérienne et à réduire les institutions élues à de simples appareils d’enregistrement au service du pouvoir en place.
Une telle orientation met directement en danger le pluralisme politique, discrédite davantage les institutions publiques et accentue la rupture de confiance entre les citoyens et l’État.
Le FFS rappelle avec force que les élections, qu’elles soient locales ou nationales, ne peuvent être gérées selon une logique sécuritaire ou à travers une vision administrative biaisée. L’élection, et plus particulièrement l’élection législative, constitue avant tout un acte politique majeur. À ce titre, elle doit être organisée dans le cadre d’une démarche politique garante du respect des principes de neutralité, de transparence, d’égalité des chances et de la libre expression de la volonté populaire.
Or, nous assistons à tout le contraire : verrouillage autoritaire, exclusion arbitraire et violation manifeste de la Constitution et de la loi. La gravité des décisions prises soulève de sérieuses interrogations quant à leurs motivations réelles, à leurs finalités politiques et aux objectifs poursuivis à travers cette vaste entreprise d’exclusion électorale.
Le FFS considère que la moralisation de la vie publique ne saurait être instrumentalisée pour justifier l’arbitraire politique. La véritable moralisation repose avant tout sur le respect scrupuleux de la Constitution, la protection effective des droits et des libertés de toutes les Algériennes et tous les Algériens, ainsi que sur la défense des principes fondamentaux de l’État de droit.
Dans un véritable État de droit, seules des décisions de justice définitives, prononcées au terme d’une procédure régulière garantissant pleinement les droits de la défense et le respect du procès équitable, peuvent restreindre les droits civiques d’un citoyen, notamment son droit de vote et son droit à l’éligibilité. Ni l’administration, ni une lecture extensive de la loi, ni une quelconque présomption de suspicion généralisée ne peuvent se substituer à la justice, ni se voir reconnaître des prérogatives relevant exclusivement de son autorité.
Face à cette situation particulièrement grave, le FFS exige l’arrêt immédiat de cette entreprise de filtrage autoritaire, la révision de l’ensemble des décisions de rejet injustifiées et la réhabilitation pleine et entière des candidats lésés dans leurs droits politiques et civiques. C’est là le strict minimum indispensable pour restaurer un tant soit peu la confiance dans le processus électoral en cours et dans les institutions du pays.
La situation actuelle impose une vraie volonté politique et un changement profond de cap. L’Algérie n’a nullement besoin de plus de fermeture, d’exclusion ou de gestion sécuritaire et administrative du politique. Elle a besoin d’une ouverture démocratique réelle, fondée sur le respect de la souveraineté populaire, le pluralisme politique et l’émergence d’institutions réellement légitimes, crédibles et représentatives, issues d’une compétition électorale libre, transparente et équitable.
En attendant, le FFS a demandé à l’ensemble de ses candidats dont les candidatures ont été rejetées par l’ANIE de faire valoir leurs droits devant les juridictions administratives compétentes, conformément aux voies de recours prévues par la loi.
Par ailleurs, le FFS se réserve le droit de prendre, au moment qu’il jugera opportun, les décisions politiques qui s’imposent.
Youcef Aouchiche
Premier Secrétaire national
